magasin des suicides

Cette bande dessinée attendait patiemment dans ma bibliothèque que je prenne le temps de la lire.
J'avais beaucoup entendu parler du succès rencontré par le roman de Jean Teulé duquel cet album est adapté mais je ne connaissais pas son auteur,. Bien que le synopsis m'attirait puisque j'aime l'humour noir, le style des illustrations de Domitille Collardey, trop "simple" à mon goût ne me motivaient pas.

Il se trouve que finalement, le seul élément positif que je retiendrai de cette bande dessinée soit le travail de l'illustratrice car même si je ne suis toujours pas fan de son trait, j'ai trouvé que les mises en scènes et les choix de perspectives étaient vraiment intéressants et très dynamiques au point que je me suis attardée sur plusieurs pages.

Par contre, je n'ai pas passé un bon moment à lire cet album: le récit se veut irrévérencieux en traitant le thème de la mort et plus précisément le commerce du suicide de façon humoristique. L'histoire se déroule exclusivement dans un magasin qui comme son nom l'indique propose des articles pour se suicider dans un monde très différent du notre puisqu'ici la dépression, le pessimisme et la mort sont concidérés comme positifs. Les affaires fonctionnent bien mais le soucis pour la famille qui tient ce magasin c'est leur petit dernier qui est un enfant de 11 ans plein de fraîcheur et de joie de vivre.

J'avais vu de nombreux articles insistant bien sur le caractère hilarant de l'histoire et pourtant je n'ai pas ri du tout. Evidemment, cela ne concerne que moi mais le fait est que j'ai faiblement souri à quelques passages, sans les trouver extraordinaires. J'étais prête à m'immerger dans cet univers loufoque où tout doit être pris à contrepied mais je me suis vite ennuyée devant un scénario qui se répète et s'essouffle. J'ai eu du mal à éprouver de l'empathie pour les personnages dont l'évolution m'a semblé trop rapide pour être crédible,

Et sans aller trop loin dans les détails la fin ne m'a pas convaincu. Je ne dis pas que l'idée soit mauvaise, la case finale est à l'image de l'ensemble du livre, elle prend les choses à l'envers de ce à quoi on pourrait s'attendre. Alors que depuis le début de l'histoire on se moque de la mort, on revient brusquement à la réalité. Si on l'avait oublié, on nous rappelle sans finesse que le suicide est quelque chose d'inattendue, c'est un choc pour les proches des victimes. Mais je ne pense pas que cette façon de faire passer le message soit subtile. Cette fin aurait pu donner un regard neuf sur l'ensemble du récit, nous amener à réfléchir sur le suicide et nous inciter à relire l'album. Mais au lieu de finir sur une note mélancolique et constructive, j'ai surtout ressenti quelque chose de l'ordre du dégoût.

Ce sentiment ayant été précédé par un désintérêt grandissant au fil des pages, j'ai refermé cet album que je suis allée ranger en cherchant un autre livre pour oublier le plus vite possible cette lecture. J'ajoute que je crois que ce livre n'est pas à mettre entres toutes les mains. Je ne suis pas certaine que tout le monde, notamment les plus jeunes que le style graphique pourrait attirer soient capables de prendre le recul nécessaire à cette lecture. Personnellement, Le magasin des suicides fait parti de ces livres que je ne relirai pas.

Le magasin des suicides

Scénariste: Olivier Ka

D'après le roman de Jean Teulé

Illustratrice: Domitille Collardey

ISBN : 978-2-7560-2000-6

Éditeur :  DELCOURT (05/09/2012)